L’origine historique du Premier Mai...
L’Histoire du 1er Mai
Que cherche-t-on à nous faire oublier en nous faisant promener ?

Publié le 2 mai 2009 par
Petit rappel de l’histoire du premier mai, à faire à toute personne ne connaissant pas ou déformant son histoire...
Pourquoi manifeste-t-on le premier mai ?
Pourquoi l’appelle- t-on « fête du travail » ? D’où vient cette date ?
Que cherche- t- on à nous faire oublier en nous faisant promener ?
L’obtention des 8 heures par jour était au centre des revendications pour
lesquelles les travailleurs des États-Unis étaient décidés d’aller
jusqu’à la grève générale pour faire pression sur le patronat et le
gouvernement. Le 1er mai fut déclaré jour international de solidarité de
classe et de revendication pour les 8 heures par les Knights of Labour
. Au cours du printemps 1886, les ouvriers de tous les secteurs ont
focalisé leurs actions sur cet objectif et ont parfois obtenu gain de
cause dans ce domaine.
Devant la détermination des ouvriers et l’expansion du mouvement syndical,
le patronat et le gouvernement décidèrent d’adopter des mesures de
répression plus expéditives. La fameuse affaire de Haymarket à Chicago,
événement dramatique et marquant pour le mouvement ouvrier international,
a inauguré une ère nouvelle de répression et de résistance.
1er mai 1886 : succès maximal de la mobilisation. En dépit des
avertissements haineux et des prédictions alarmistes de la presse
bourgeoise, aucune émeute n’éclata, aucune atteinte à la propriété n’eut
lieu et la manifestation pacifique des travailleurs ne se transforma
nullement en révolution. Par ce beau samedi ensoleillé, les fabriques, les
usines, les entrepôts furent désertés. Dans leurs plus beaux vêtements,
les ouvriers de Chicago, accompagnés par leur famille, défilèrent par
milliers dans les rues, sous les yeux sidérés de la police, de l’armée et
des gardes privés prêts à intervenir au moindre trouble. La manifestation
de solidarité se déroula sans encombre et s’acheva sur les bords du lac
Michigan, où les principaux orateurs, parmi lesquels Albert Parsons et
August Spies, prirent la parole devant la foule. Dans la seule ville de
Chicago, 80 000 ouvriers participèrent à la manifestation et, dans tout le
pays, le 1er mai eut le même retentissement et fut suivi avec le même
enthousiasme.
Le lundi suivant, 3 mai, le mouvement de grève continua et beaucoup
d’ouvriers se joignirent aux grévistes du 1er mai, paralysant ainsi
l’économie de la ville de Chicago. La violence des forces de l’ordre,
contenue durant la journée du samedi, allait éclater devant les grilles
d’une usine de machines et outils agricoles, la McCormick Harvester Works
(aujourd’hui International Harvester Corporation). Ripostant à la journée
de grève du 1er mai par un lock-out massif, le patronat de cette usine
avait remplacé ses employés par 300 briseurs de grève. A la sortie, ceux-
ci furent pris à parti par les grévistes. Brusquement, la police chargea
l’arme au poing. Les grévistes tentèrent alors de se disperser, mais les
policiers, sans doute déçus et exaspérés par le caractère pacifique des
manifestants du 1er mai, tirèrent sur la foule, abattant six hommes alors
qu’ils s’enfuyaient. Les organisateurs de la journée du 1er mai virent
dans ce massacre un fait honteux et inacceptable qu’il fallait dénoncer
publiquement. Une manifestation fut décidée pour la soirée du lendemain
sur la place de Haymarket, non loin d’un des commissariats de police de
Chicago. Cette soirée de protestation contre les brutalités policières se
déroula sans heurt, les orateurs se succédant devant une foule calme. Vers
la fin de la manifestation, alors que les principaux orateurs avaient déjà
quitté la place, 180 policiers, la matraque à la main, firent irruption
parmi les manifestants, les enjoignant de se retirer immédiatement, ce à
quoi Sam Fielden, un des organisateurs, eut le temps de répliquer que la
foule était paisible. Une bombe explosa alors au milieu des policiers et
ce fut la panique. Les policiers, dont un fut tué et sept blessés, firent
feu et la foule se rua dans toutes les directions pour échapper à la
fusillade.
Du côté des manifestants, le bilan fut également lourd, un mort et de très
nombreux blessés. On ne retrouva jamais le lanceur de bombe, peut-être un
provocateur. Cependant, les autorités ne prêtèrent aucun crédit à cette
version des faits. La situation, à leurs yeux, ne comportait aucune
énigme, les responsables étaient connus : les anarchistes. Non contents
d’inspirer les mouvements de grève des jours précédents et de semer le
trouble en incitant les ouvriers à manifester sur la place de Haymarket,
ils s’attaquaient directement aux forces de l’ordre. Les autorités de
vaient donc réagir vite et frapper à la tête du mouvement pour endiguer
une révolte qui mettait tout le système en péril.
Les représentants du mouvement ouvrier de Chicago, Albert Parsons, August
Spies, Michael Schwab, George Engel, Adolph Fischer, Samuel Fielden et
Louis Lingg furent arrêtés, jugés et condamnés à être pendus, sans aucune
preuve de leur culpabilité. Parsons, Spies, Fischer, Engel furent
exécutés, Fielden et Schwab réclamèrent la clémence et virent leur
condamnation commuée en peine d’emprisonnement à vie. Quant à Lingg, dont
la mort reste un mystère qui n’a toujours pas été éclairci, il se serait
suicidé dans sa cellule. Le procès des martyrs de Chicago a inauguré le
règne de la terreur pour le mouvement ouvrier dans tout les Etats-Unis.
Le 1er mai 1886 ainsi que les événements dramatiques qui ont secoué le
mouvement ou vrier américain sont à l’origine de la célébration de la Fête
du Travail, jour chômé et réservé aux manifestations des travailleurs.
Comme, plus tard, le cas de Sacco et Vanzetti et l’affaire Rosenberg, le
procès des martyrs de Chicago reste un exemple de la justice à la solde
des possédants dans l’Amérique capitaliste. Les dernières paroles
d’August Spies, à ce propos, sont prophétiques :
« Il viendra un temps où notre silence sera plus puissant que les voix que
vous étranglez aujourd’hui »
Les débuts du premier mai en France
Paris connut le premier mai 1890 son premier « premier mai ». Une
tradition allait naître, mais, pendant longtemps encore, sa célébration va
se faire contre les forces de répression et 1er mai va signifier
affrontements, brutalités et sanctions de tous ordres. En 1901, le
syndicaliste Pouget propose dans son journal Le Père Peinard : « Fixons
nous une date et proclamons qu’à partir du jour que nous aurons choisi
pour rien au monde nous ne consentirons à faire plus de huit heures ! ».
Il faudra attendre le 8ème congrès de la CGT, qui se tient à Bourges en
septembre 1904, pour que l’idée soit reprise et la date fixée : ce sera le
1er mai 1906 ! Pour préparer cette journée, la CGT entame la première
grande campagne de propagande de son histoire : affiches, tracts,
papillons, brochures, création de comités d’action pour les 8 heures,
articles dans le journal confédéral d’alors, La Voix du Peuple. On y
développe toute une argumentation autour de l’idée des 8 heures : moyen
pour combattre le chômage, éliminer fatigue et surmenage, supprimer les
maladies professionnelles, développer les bibliothèques, élever le niveau
culturel des travailleurs, etc.
C’est dans ce climat qu’arrive le 1er mai 1906, qui va être marqué par de
violents affrontements avec les forces de police. Dès le matin, Paris est
mis en état de siège : soldats et policiers en armes à chaque carrefour,
forte concentration de policiers à cheval aux abords de la Bourse du
travail, place de la République. La caserne proche a même été aménagée en
« prison » temporaire...
Les divers syndicats ont convoqué leurs adhérents en plusieurs points de
la capitale. Un meeting est prévu à la Bourse, mais comme tout le monde ne
peut y pénétrer, c’est une manifestation de rue que la police s’efforce de
disperser : il y a des charges brutales, des arrestations par centaines. A
l’heure du bilan, le soir, on comptera même deux morts. Et il faudra
attendre 23 heures pour que les rues de Paris retrouvent leur aspect
habituel. Mais les violences continueront pendant plusieurs jours encore. Les patrons licencieront plus de deux mille travailleurs coupables
d’avoir quitté leur travail le 1er mai !Ce petit texte explique l’origine
historique du Premier Mai.
Les Chevaliers du travail ? Terence V. Powderly, fondateur de l’organisatiion. Fondé en 1868, cet ordre s’inspira de la tradition des loges opératives, véritable combinaison de corporations et de syndicats, qui, au Moyen Âge en particulier, avaient servi de cadre d’organisation à diverses professions, comme celles du bâtiment ou de la construction. Cet Ordre rassemblait, au sein d’une localité (cependant, plus dans le Sud des États-Unis), tous les travailleurs, blancs et noirs (mais ni les Indiens, ni les Chinois), femmes et hommes, Américains de souche et immigrants : ouvriers qualifiés et non qualifiés, ouvriers agricoles, mais aussi artisans, petits commerçants, agriculteurs et travailleurs indépendants, à l’exception notoire des avocats, des banquiers ainsi que tous ceux qui vivaient, d’une façon ou d’une autre, du commerce de l’alcool. Les revendications des Chevaliers du travail sont larges, et se font à tous les niveaux des sphères sociétales. S’ils combattent littéralement le capitalisme, ils revendiquent une coopérative de travailleurs par l’instauration d’un système de redistribution plus équitable du fruit des travailleurs. On peut parler d’un syndicalisme réformateur. Ils désirent une implication de l’État dans la résolution des conflits en impasse (arbitrage), une réforme de l’éducation afin donner le libre accès à l’information aux travailleurs au sein de leur communauté ainsi qu’un accès à la syndicalisation pour tous les travailleurs et non pas seulement aux travailleurs de métier.
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