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Race et de classe dans la société guadeloupéenne

Y aurait-il un problème racial aux Antilles [3] ?

Extrait du discours d’Elie Domota (LKP)

Publié le 16 février 2009 par Bruno

Samedi dernier (14 février 2009) plus de 80 000 manifestants ont défilé en soutien au collectif LKP. Malgré la fermeture des stations service et le manque de carburant, plus d’un Guadeloupéen sur cinq était dans la rue...

Alors que la répression policière semble être la seule réponse de l’État français aux revendications du LKP, certains - sur des sites et des blogs récemment ouverts [1] ou sur des blogs "d’actualité locale" [2] - tentent de discréditer le mouvement social guadeloupéen en attribuant à ses portes paroles des propos ou des pensées racistes. Ils essaient également de minimiser le soutien populaire apporté au mouvement et au collectif par la populations de l’île (une pétition circule d’ailleurs pour l’arrêt du mouvement, ayant à ce jour récolté moins de 5500 signatures... alors qu’il y avait plus de 80000 manifestants samedi...).

Certaines des revendications du collectif LKP (préférence à l’embauche aux Guadeloupéens, ...) ont à juste titre questionné sur la réalité sociale dans les colonies françaises et sur les rapports entre race et classe en Guadeloupe.

Elie Domota, porte parole du collectif, revient dans son discours du mercredi 28 janvier 2008 sur cette question cruciale.

UGTG

Rappel des faits : Le mercredi 28 janvier 2008, lors des négociations entre le collectif Lyannaj Kont Pwofitasyon, les élus , les représentants des socioprofessionnels et l’encadrement de l’Etat, le préfet quitte les négociations.

L’ambiance est lourde.

Monsieur Willy ANGELE, président du MEDEF Guadeloupe affirme qu’il est prêt à travailler sur un projet de territoire s’il le faut, il exprime, à travers son expérience de Mai 1967, son aversion pour les débordements violents et ne veut pas voir son pays se déchirer comme le firent les Tutsis et les Hutus.

Extrait de la déclaration de M. ELIE DOMOTA du LKP

Je tiens à réagir au propos concernant les hutus et tutsis. Je salue Monsieur ARCONTE, directeur du Travail qui est resté dans cette réunion, je ne sais pas s’il est Hutu ou Tutsi.

Tout simplement pour affirmer monsieur ANGELE (patron du MEDEF Guadeloupe), que nous ne pouvons nier que vous, madame KOURY (présidente de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Pointe A Pitre) M. PAYEN (membre du Comité Economique et Social) soyez des guadeloupéens, ce n’est pas notre propos. Ce que nous affirmons est que la société guadeloupéenne s’est construite sur des rapports de race et de classe depuis 400 ans. Aujourd’hui dans la pyramide, le pouvoir correspond à une couleur, on vient de le constater (les représentants de l’Etat ont quitté les négociations).

En Guadeloupe actuellement, au sommet de la pyramide, on retrouve les blancs et les européens, au bas de l’échelle se situent les nègres et les indiens, c’est un constat. On nous parle de paix sociale ! La paix sociale ne peut exister dans un pays quand la majorité de ses enfants est exclue du travail, est exclue du savoir, est exclue des responsabilités (…)

Aujourd’hui, en analysant les 50 plus grandes entreprises en Guadeloupe, leurs cadres ne sont pas des guadeloupéens d’origine africaine ou indienne, c’est la vérité ! En observant les administrations, les services de l’Etat, les chefs de services et les cadres ne sont pas majoritairement des guadeloupéens d’origine africaine ou indienne !

Dire le contraire, c’est mentir, c’est la vérité !

Quels sont les services que les guadeloupéens d’origine africaine et indienne gèrent en Guadeloupe ?

Ce sont les services qui relèvent de la gestion de la misère ! La CMU (la Couverture Maladie Universelle), monsieur YACOU, le RMI (le Revenu Minimum d’Insertion) monsieur LUBETH, le pôle emploi ANPE-ASSEDIC monsieur DUMURIER, la CAF et l’API (l’Allocation Parent Isolé) monsieur SAINT-CLEMENT. Les guadeloupéens d’origine africaine et indienne gèrent la misère des guadeloupéens ! Dans tous les autres services de l’Etat qui exercent un pouvoir, tant dans leur direction que dans leur staff d’encadrement, on ne trouve pas de guadeloupéens d’origine africaine ou indienne !

Bien évidement, on nous parle de formation, c’est faux archi faux !

Nous connaissons des diplômés « à la tonne », ils ne travaillent pas en Guadeloupe !

Dernièrement, j’ai reçu une jeune femme diplômée en ressources humaines qui postulait sur un poste à Air France ; on lui a proposé un poste d’hôtesse de l’air. Sur ce poste a été recrutée une personne venant de France avec moins de diplômes qu’elle !

Nous l’interprétons ainsi, des questions de couleur de peau, la réalité telle que nous la percevons. En France, concernant les offres marchandes dans le secteur privé, 6% des ces offres sont gérées par l’intérim et les cabinets de consultants. En Guadeloupe 50% des ces offres sont gérées par ce secteur ! Et qui dirigent ces cabinets d’intérim et de consultants ?

Qui y travaillent ? Ce ne sont pas majoritairement des guadeloupéens d’origine africaine et indienne !

Aujourd’hui en Guadeloupe, on embauche du personnel sous le sigle BBR ! Un bleu blanc rouge ! J’ai travaillé en France, il m’a été demandé d’embaucher un BBR, un 01 codification informatique 01 signifiant « nationalité française » ! Ou un vrai 01 signifiant un français blanc ! Voilà ce qui se passe sur la discrimination raciale à l’embauche. Cela explique pourquoi de jeunes diplômés guadeloupéens et martiniquais ont déjà mis en ligne plusieurs blogs dont http://antildiscrim.skyrock.com/ où ils expriment ce qui leur arrive, la victimisation dans le système !

C’est la vérité, la Guadeloupe a été construite sur des rapports de classe et de race qui perdurent depuis 400 ans !

Le système de la plantation a été maintenu, prenons des exemples monsieur ANGELE. Prenons des entreprises comme CARREFOUR, MR BRICOLAGE, est ce que la photographie de leur encadrement correspond à la réalité ethnique de la Guadeloupe, à la réalité sociale ?

NON et NON !

C’est une évidence !

Face à cette situation, nous affirmons pour répondre à votre remarque sur les Tutsis et Hutus, que nous ne sommes pas du tout dans ce schéma, nous ne contestons pas que vous soyez guadeloupéen tout comme monsieur PAYEN, sinon on se mettra à contester le caractère guadeloupéen de n’importe qui ! Nous l’affirmons de nouveau, la paix sociale ne peut exister dans un pays quand la majorité d’un peuple est exclue ! Et aujourd’hui en Guadeloupe, 99,99% des chômeurs sont des guadeloupéens d’origine africaine et indienne !

Prenons encore des exemples, à Jarry, des commerces qui ont ouvert récemment comme Décathlon, Kiabi, Casino. Je travaille à l’ANPE, qui était chargée de réaliser le recrutement de Décathlon.

Nous avons travaillé à la sélection, aux offres d’emploi comme il le fallait. Par la suite, un cabinet de consultants payé par le groupe HAYOT a « nettoyé » le travail, ensuite le personnel est venu de Paris ! Je suis persuadé qu’en visitant ce magasin n’importe qui a été interpellé, nous n’interdisons à personne de travailler, par le fait qu’il est surprenant d’embaucher un personnel venant de PARIS pour être caissière à Pointe A pitre ! Lorsque nous posons ce problème, on nous taxe de racisme ! Nous résidons dans un pays de 1600 km2, 460 000 habitants, 60 000 chômeurs, nous avons avec la Guyane le plus important taux de chômage ! Nous avons vu récemment un courrier de monsieur VION (hôtelier) affirmant qu’on soit de la Creuse, de la Guadeloupe, de la Corrèze ou de la Normandie on est français.

Ce n’est pas aussi simple monsieur VION !

Comment voulez vous que la paix sociale existe en Guadeloupe si les guadeloupéens ne peuvent pas y travailler ! J’ai eu l’occasion de vous rencontrer madame Jeanny Marc (maire de Deshaies, député de la 3è circonscription) sur ces questions concernant particulièrement l’hôtel Fort Royal.

Un jour est arrivée à l’ANPE une offre d’emploi pour l’embauche de 40 personnes ayant comme tâches de couper de l’herbe, laver la vaisselle, nettoyer les chambres, faire les lits, porter les bagages, avec comme contrainte « anglais lu parlé et écrit obligatoire ! » Cela signifie que si nos enfants formés au lycée hôtelier avec un niveau bac+2 ou bac+3 parlent anglais couramment, c’est cela leur destinée que de laver la vaisselle dans un hôtel à Deshaies ? Nous avons de nombreux jeunes diplômés en Guadeloupe qui sont obligés de procéder à l’ensachage de clous dans des entreprises à Jarry ou réalisent des sandwichs dans des fast-foods ! C’est cela qui leur arrive car ils refusent de partir et de quitter leur pays espérant à terme trouver un job ! D’autres par contre, partent, prennent l’avion ! Une fois arrivés par exemple en Allemagne ou ailleurs, c’est fini : ils ne reviendront qu’en vacances, un fois peut être, ils fonderont une famille, leurs enfants seront allemands, australiens ou autre et c’est ainsi que la Guadeloupe perd ses forces vives !

Le processus que nous venons de décrire concernant l’hôtel Fort Royal est très subtil, vous le savez bien monsieur ARCONTE : dès qu’une offre d’emploi a été déposée dans le service public de l’emploi et que cette offre n’a pas été satisfaite dans un délai de 30 jours, car pour cette offre on n’aurait trouvé personne en Guadeloupe, dans ce cas la législation permet d’opérer « l’introduction de main d’oeuvre étrangère » ! C’est ainsi que tout naturellement 45 suédois ont pris les postes dans un hôtel appartenant à la collectivité régionale !!! Cela nous permet d’affirmer haut et fort qu’il faut une priorité d’embauche aux guadeloupéens en Guadeloupe ! Il faut que ce qui se passe au sommet corresponde à la situation ethnique et sociologique du pays !

Cela est la règle dans tous les pays !

Pourquoi aujourd’hui en France à partir de ce qui s’est déroulé au Etats-Unis, Christine KELLY a été nommée au CSA, on a avec empressement nommé une préfète d’origine Camerounaise sans même s’apercevoir que madame PIERROT guadeloupéenne de Trois-Rivières occupe depuis longtemps ce type de poste ! Ces questions nous les posons sans haine de façon justement à ne pas arriver à la haine !

Car si l’embrasement des banlieues a eu lieu il y a 2 ans, c’était justement parce que ces jeunes se sentant exclus affirmaient : « Nous sommes français ! » De ce fait une série de mesures furent appliquées, train pour l’emploi, etc… Ici nous sommes toujours dans le même système, un système construit sur des rapports de classe et de race depuis 400 ans ! Nous ne reviendrons pas sur les chiffres, nous sommes les premiers concernant les jeunes filles mères, nous sommes les premiers avec les guyanais pour le SIDA, nous sommes les premiers dans nombre d’aspects négatifs ! Par contre dans le domaine sportif, lorsqu’il s’agit du capitanat de l’équipe de France de foot, réaliser des performances en athlétisme, nous sommes demandés !

Au point pour nous d’intégrer les domaines où nous sommes cantonnés ! Lilian THURAM est un grand sportif mais tout nos enfants, seront-ils des Lilian THURAM ? Seront ils des Teddy RINER ? Non ! Cela signifie que tout nos enfants ont droit à la réussite !

Quand j’étais petit, je lisais BLEK, YATACA, ZAMBLA et AKIM ! Comme tous les jeunes de mon âge ! En grandissant, un adulte m’a interpellé me déclarant « Domota, quelque chose ne va pas : le héros, tout seul le plus fort dans la foret, commande tous les nègres, tous les serpents, tous les gorilles, toutes les bêtes, le seul blanc commande tout le monde ! »

Alors évidemment on se réfère au héros !

Les héros des guadeloupéens aujourd’hui, qui sont ils ? Thierry HENRY, Lilian THURAM !

L’épanouissement, la réussite par le sport sont des notions fondamentales !

Admettons que nos enfants ne peuvent avoir comme seuls modèles Thierry HENRY et Lilian THURAM ! Il faut que nos enfants aient comme modèle Nicolo, d’autres personnes s’illustrant dans d’autres domaines, il faut que nos enfants osent affirmer : « je voudrais être un jour monsieur Météo ! »

Depuis 25 ans c’est toujours le même ; actuellement M. R. MAZURIE ! Nous devons viser l’excellence mais pour la Guadeloupe ! Nos enfants dans leur développement, lorsqu’ils regardent la télévision ne voient personne qui leur ressemble !

Dans les activités professionnelles, celui qui symbolise la réussite ne nous ressemble pas ! Par contre celui qui est dans la rue nous ressemble ! On finira par intégrer si nous sommes croyants que c’est une malédiction ! Rappelons nous lorsque CHAM fut banni, « Tu seras l’esclave de tes frères », n’est ce pas monsieur LUREL, vous parliez de Dieu précédemment. CHAM était l’esclave de JAPHET et de SEM. SEM étant la lignée des sémites les juifs et les arabes, JAPHET celle des blancs !

Depuis la nuit des temps était écrit que les nègres seraient les esclaves des juifs des blancs et des arabes ! Nous finirons par intégrer cette soi-disant malédiction ! Ou bien nos enfants finiront par se dire à quoi bon aller à l’école, continuer à faires des études d’agriculture, de toutes les façons nous sommes au pied de la croix, restons dans la rue, prenons les armes !

Voilà le modèle de société vers lequel nous nous dirigeons, que nous devons condamner combattre et nous mettre ensemble pour en changer le cours et ne pas nous diriger vers une impasse !

Car nous dans cette assemblée, nous pouvons penser que nous avons réussi notre parcours social : j’ai 42 ans et 3 enfants ; je suis directeur adjoint à l’ANPE. J’ai réussi quoi aujourd’hui ? Un parcours personnel ? Mais que laissons nous pour nos enfants ?

Un pays meurtri !

Nous avons eu la démonstration aujourd’hui que nous devons prendre notre destin en main car la politique publique de l’Etat français, ne répond pas à nos exigences ! Monsieur LUREL, rassurez-vous, nous ne sommes pas dans une démarche politicienne car chaque fois que vous vous exprimez, vous êtes toujours en train de régler les comptes avec d’autres mais cela ne peut s’adresser à nous. Notre démarche vise à régler les exigences sociales prioritaires du peuple guadeloupéen en souffrance aujourd’hui !

Ajoutons concernant les Hutus et les Tutsis et le respect de la démocratie : le gouvernement Pétain était légitime (s’adressant à monsieur ANGELE), le code noir était légitime (rectification de monsieur ANGELE : « Pas légitime, légal »), pardon il était légal ; donc vous êtes pour la légalité.

C’est pour cela que j’affirme que tout a une limite et que c’est donc le fait qui fait le droit ! Si nos ancêtres n’avaient pas estimé que le Code Noir légal ne fût pas illégitime, nous en serions toujours à l’esclavage !

Je voulais simplement apporter cette nuance pour affirmer que ce n’est pas parce que un concept est légal qu’il soit correct. Aussi nous avons entendu les propositions de monsieur LUREL, celles de monsieur GILOT, celles de madame Jeanny Marc.

Nous souhaitons travailler sur vos propositions et nous vous serions gré de nous les faire parvenir par écrit, de façon que nous puissions les étudier nous aussi.


La multiplication des sites et blogs contre le mouvement social :

J’ai évoqué plus haut que des sites et des blogs récemment ouverts [3] ou des blogs "d’actualité locale" [4] - tentent de discréditer le mouvement social guadeloupéen en attribuant à ses portes paroles des propos ou des pensées racistes.

Ils essaient également de minimiser le soutien populaire apporté au mouvement et au collectif par la populations de l’île (une pétition circule d’ailleurs pour l’arrêt du mouvement, ayant à ce jour récolté moins de 5500 signatures... alors qu’il y avait 80000 manifestants samedi...).

Une marche est d’ailleurs prévue, "La grande marche silencieuse pour nos libertés", ce 17 février 2009 (Rendez-vous à 9 heures à la gare routière de Bergevin).

Je voudrais un instant revenir sur l’un de ces blogs appelant à la fin du mouvement, par ailleurs assez fréquenté, Le Scrutateur. Il est animé par Edouard Boulogne, figure guadeloupéenne, représentant estimé des "blancs créoles".

Le Scrutateur se présente comme "une tribune d’expression de citoyens Français, d’origine créole, de sensibilité chrétienne, qui se veulent libres à l’égard des modes, notamment idéologiques." Édouard Boulogne, ancien professeur de philosophie, "blanc péyi" comme il se définit (lire les articles du Mika Déchaîné mentionnés ci-dessous), se propose de "commenter l’actualité, politique, économique, culturelle, sportive, etc, dans un esprit de critique philosophique, d’esprit chrétien et français". Revenons un instant sur ces derniers adjectifs, qui nous permettront d’éclairer la pensée de l’auteur en relevant les liens disponibles sur son blog :

Vue de Droite "Face au terrorisme idéologique imposé par la gauche, cette communauté se propose de rassembler ceux qui possèdent une autre vision du monde, indépendante et enracinée."

A cette communauté participe aussi, entre autres, un auteur dont le pseudonyme est MSR [5] [sic], auteur du blog Club Acacia où l’on trouve - en plus de billets d’extrême droite et des citations de Maurras - des "chants de France", parmi lesquels "Le Chant des Africains" (chant officiel des Chantiers de Jeunesse, création du maréchal Pétain).

Le 16 février, MSR publie "Le rat", une fable de Jean Anouilh publiée en 1961 à la Table Ronde. Il ajoute ce commentaire : "Tout ressemblance avec d’autres nuisibles serait purement fortuite..."

La libre Pensée Pour se faire une idée de la pensée de certains des collaborateurs de ce site , je vous renvoie à la brève suivante (Dimanche 15 février 2009) : "Le député collabo Jean-Pierre Brard (PCF) s’est rendu dans la nuit de samedi à dimanche, au Dépôt de la préfecture de police, île de la Cité à Paris, pour rendre visite à un Malien incarcéré, résidant en France depuis 19 ans qui doit être expulsé dimanche (...)"

Ainsi, à la lecture de ces sites où l’on en appelle à la mobilisation contre le mouvement social guadeloupéen et contre le collectif LKP jugé "raciste", on peut se demander : "Où sont les vrais racistes" ?

Dans Le Scrutateur, Edouard Boulogne, qui accuse donc à plusieurs reprises Domota et les membres du collectif LKP de racisme, faisait part de ses "Réflexions sur le racisme" :

" (...) il faut se garder de faire du président du Front National, le bouc émissaire trop commode des inconséquences de la classe politique devant les vrais problèmes que posent à la nation française l’immigration massive et incontrôlée sur son sol de millions d’étrangers venus de pays les plus divers, et de mœurs ou de religions les plus variées, parfois incompatibles avec les nôtres."

__

A lire sur Le Mika Déchaîné :

• Entretien avec Edouard Boulogne

• A la découverte de nos blancs péyi


A lire sur ce site :

• Y aurait-il un problème racial aux Antilles [2] ?

• Y aurait-il un problème racial aux Antilles [1] ?

__

Sur d’autres sites :

• HNS-info

• Bellaciao

[1]www.domotarchie.com, www.notreliberte.com, http://guadeloupe-en-crise.over-blo....

[2]Le Scrutateur le Blog d’E. Boulogne, pour le plus fréquenté d’entre eux.

[3]www.domotarchie.com, www.notreliberte.com, http://guadeloupe-en-crise.over-blo....

[4]Le Scrutateur, le Blog d’E. Boulogne, pour le plus fréquenté d’entre eux.

[5]Le Mouvement social révolutionnaire (MSR) était un parti d’inspiration fasciste, fondé à Paris en 1940.


Des commentaires ?

Réveil de quelle population silencieuse ? - François Mortier

Comme beaucoup d’entre vous, j’ai été sollicité pour signer une pétition qui circule depuis le 7 février. Cette pétition contre le blocage de la Guadeloupe est intitulée « Réveil de la population silencieuse ».

Ses promoteurs affirment qu’elle « n’est en aucun cas contre les revendications du LKP mais simplement contre la méthode utilisée ».

Simplement contre la méthode utilisée… Tiens, tiens… En découvrant il y a quelques jours la liste des 100 premiers signataires, j’ai d’abord cru à un canular tant on y retrouvait toute la fine fleur des Békés de Guadeloupe et de Martinique. Voici les quelques réflexions que m’inspire cette pétition que je ne signerai pas :

La Guadeloupe, c’est la France, la loi française doit donc s’y appliquer. C’est évident. Oui, mais … si nos conversations portent aussi souvent sur cette « évidence », c’est peut-être que les choses sont un peu plus compliquées que ce que l’on feint de croire.

Alors, cher amis métropolitains, soyons prudents dans nos jugements, évitons de plaquer nos schémas mentaux sur une réalité culturelle complexe dont les enjeux nous dépassent largement lorsque nous faisons le choix de vivre dans ces îles, apprenons à la connaître avec patience et respect, et, pour commencer, abstenons-nous de nous ranger, comme on disait jadis, au côté du sabre et du goupillon. Apposer sa signature sur une pétition ne se fait pas à la légère.

Il faut bien regarder à qui on s’allie objectivement. La récente diffusion sur Canal+ du reportage « les derniers maîtres de la Martinique » nous invite à cet égard à encore plus de circonspection. Il est des noms au côté desquels il est préférable de ne pas figurer. Beaucoup d’entre nous, par méconnaissance de l’histoire des Antilles, se sont malheureusement laissé piéger et la liste des signataires donne à présent la désagréable impression d’un front commun des békés et des métropolitains…

Nous sommes tous depuis trois semaines dans la même galère et je ne nie pas les énormes difficultés auxquelles sont confrontées nombre de professions en particulier. Mais ce qui me gêne dans tout cela, c’est que lors des grandes fractures qui ont marqué notre histoire –et qui font à présent partie de notre patrimoine-, on finit toujours par assister au réveil des mêmes intérêts individuels jusque là « silencieux ». Révolution française, abolition de l’esclavage, interdiction du travail des enfants, front populaire, etc.. Toujours les mêmes menaces, les mêmes appels à une implacable rationalité économique, les mêmes promesses de catastrophe imminente. Outre que si on les avait écoutés, on en serait sans doute encore au Moyen-âge, je pense, comme l’un de mes correspondants, que « le droit au travail et à la continuité de l’activité économique reste subordonné aux notions d’égalité et de fraternité qui devraient valoir pour l’ensemble des citoyens de ce pays. »

A l’instar des fractures passées, ce mouvement se développe dans un rapport de forces. Eminemment salutaire, car le malaise était énorme et l’abcès devait enfin être percé. D’ailleurs, il n’échappe plus à personne que les revendications concernant la vie chère et la pwofitasyon ne sont que la partie visible de l’iceberg : la réalité, encore faut-il se l’avouer, mes chers amis métropolitains, c’est que la départementalisation des Antilles et de la Guyane a trop longtemps occulté, voire favorisé une situation qu’il serait désormais coupable de ne pas dénoncer : sociétés en détresse et fuite dans hyperconsommation, drogue et alcool, liens de solidarité rompus, langues et cultures minorées, paysannerie dépossédée, terres polluées… Je pense que nous sommes tous d’accord sur ce point. Pour le coup, nous avons assisté depuis janvier au réveil d’une population restée, elle, trop longtemps silencieuse. J’en conviens, la méthode est parfois abrupte et les lendemains seront peut-être difficiles. Mais en a-t-il été autrement dans le passé, par exemple en 1789 dont tout le monde ou presque se réclame aujourd’hui et bénéficie ? Une société ne peut durablement fonctionner sur des bases iniques.

Alors, plus qu’au lendemain, pensons au surlendemain. Et demandons-nous ce que les historiens retiendront dans 100 ans de janvier et février 2009. Sans vouloir en minimiser les conséquences individuelles parfois terribles, sans doute pas les désagréments que nous subissons chaque jour… Les messages postés sur le forum d’actualités DOMactu.com, -l’un des initiateurs de cette pétition, et la censure croissante opérée par ce même site à l’encontre des analyses qui essaient d’apporter la contradiction en dépassant des clichés aux connotations de plus en plus racistes révèlent bien le clivage qui existe entre nombre de métropolitains installés en Guadeloupe (je ne parle pas de ceux qui se permettent d’émettre un avis péremptoire à 7000 km d’ici sous prétexte qu’ils sont venus en vacances aux Antilles…) et la population « non silencieuse ».

Ainsi, la menace de l’indépendance est de plus en plus souvent agitée comme une punition à l’encontre de la Guadeloupe : « Attention, vous allez ruiner l’économie, la France va vous lâcher, vous n’aurez plus le RMI et les allocs, vous allez devenir comme Haïti ».

La belle histoire ! Si d’aventure la Guadeloupe doit devenir indépendante, n’est-ce pas d’abord l’affaire des Guadeloupéens ? Il me semble que le meilleur remède à la détresse d’un peuple, c’est d’abord la reconquête d’une dignité et d’une fierté collectives … De ce point de vue, Haïti, l’un des pays les plus pauvres au monde qu’on brandit comme un épouvantail absolu par méconnaissance totale de son histoire, et, avouons-le, par préjugé racial tenace, aurait beaucoup à nous apprendre...

Depuis le 10 février, le site de la pétition en question s’est enrichi de la mention suivante : « Martinique-Guadeloupe-La Réunion-Guyane –Même Combat Contactez-moi pour l’ouverture de votre pétition ».

Bel esprit d’anticipation sur les mouvements à venir… Mais au fait, de quel combat est-il ici question ? La réponse est en bas de page, dans les remerciements aux sites initiateurs et relayeurs de la pétition. Amusez-vous à cliquer sur les adresses en question. Vous aurez la surprise –mais est-ce vraiment une surprise ?- d’y découvrir des liens avec… des sites d’extrême-droite radicaux ! Eh oui, le masque tombe. Autant de raisons pour lesquelles je vous invite à faire savoir par tous les moyens que vous refusez cette pétition qui ne fait, hélas, que confirmer un « certain » clivage racial dénoncé par la majorité de nos concitoyens guadeloupéens.

Si vous êtes inscrits sur Facebook, sachez que la pétition « non au blocage de la Guadeloupe » y est également publiée et que vous avez la possibilité de manifester votre opposition en cliquant sur « je ne participerai pas ».

François Mortier (12/02/09)

Commentaire de Bruno le 2009-02-20 19:15:16




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L’Union des patrons et des professionnels juifs de France (UPJF) a remis, dimanche 13 décembre 2009, le "prix de la lutte contre le racisme et contre l’antisémitisme" à Brice HORTEFEUX, (...)
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