79ème jour de prison pour Julien Coupat
Manifestation pour la libération de Julien Coupat
8 policiers blessés, 15 interpellations dans une manifestation

Publié le 1 February 2009 par
Huit policiers ont été blessés samedi, dont deux ont dû être hospitalisés, et quinze personnes ont été interpellées lors de la manifestation à Paris contre les lois antiterroristes et en soutien aux mis en examen dans l’enquête sur les dégradations de lignes TGV, a indiqué la préfecture de police.
Ça a chauffé aux abords de la Santé, où Julien Coupat est enfermé depuis deux mois et demi maintenant.
Lors de cette manifestation entre la place Edmond Rostand (VIe) et la place Denfert-Rochereau (XIVe), qui a réuni 1.200 personnes environ se trouvaient parmi les manifestants "des anarchistes et anarcho-autonomes" qui, sur le parcours ont procédé à des "tirs de fusées", à des jets de "projectiles divers ainsi que de fumigènes" visant les forces de l’ordre, a précisé la préfecture de police à l’AFP. Ces échauffourées ont occasionné huit blessés dans les rangs des forces de l’ordre, dont deux ont dû être hospitalisés. Les policiers ont procédé à quinze interpellations "en flagrant délit", selon la police, pour tir de fusées, outrage à agents de la force publique ou détention de produits stupéfiants... Les manifestants, qui ont défilé de la place Saint-Michel à la place Denfert-Rochereau, se sont arrêtés devant la prison de la Santé, où est incarcéré Julien Coupat, sous la surveillance d’un important dispositif policier. Les manifestants ont scandé des slogans tels que "police partout, justice nulle part !", "libérez Coupat (soupçonné d’être le chef du groupe à l’origine des dégradations NDLR), enfermez (la ministre de l’Intérieur Michèle, NDLR) Alliot-Marie !" ou "c’est l’Etat les terroristes !". Beaucoup d’entre eux portaient des masques blancs avec l’inscription "terroriste". Des incidents ont eu lieu lorsque le cortège est passé à proximité de la prison de la Santé (XIIIe arrondissement), où est détenu Julien Coupat, soupçonné d’être le chef du groupe à l’origine des dégradations contre des lignes TGV et incarcéré depuis le 15 novembre, le seul encore en détention. Des tirs de feu d’artifice à l’horizontale, des jets de projectiles et de fumigènes ont visé les CRS, qui maintenaient un important cordon, avec grilles et canon à eau, pour empêcher les manifestants de s’approcher de la prison, ont constaté des journalistes de l’AFP. Dans la manifestation parisienne, une banderole de la fédération anarchiste proclamait "ne nous laissons pas terroriser par l’État". « L’État français prend des boucs émissaires et comme par hasard c’est le mouvement libertaire anarchiste qui est visé », a déclaré à l’AFP Hugues Lenoir, de la Fédération anarchiste de Paris. Le cortège est arrivé sans autre incident place Denfert-Rochereau (XIVe arrondissement), où a eu lieu la dispersion. Les derniers manifestants ont été dirigés vers le métro par la police peu après 18 heures. À Bordeaux, quelque 200 personnes selon le comité "Sabotons directement l’anti-terrorisme" (SDAT, en référence au sigle de la Sous-direction antiterroriste) à l’origine de la manifestation, 120 selon la police, ont défilé samedi après-midi en soutien aux neuf mis en examen. La mise en garde du Collectif de Soutien aux inculpés du 11 Novembre Le Collectif de Soutien aux inculpés du 11 Novembre rappelait sur son site Internet que déjà, le samedi 24 décembre, les rassemblements et les manifestations avaient été la cible de provocations policières : "Une manifestation avait lieu à Paris-Barbès, à 15h. Mais alors qu’un cortège de quelques deux cent personnes était en train de se former, les gardes mobiles l’ont immédiatement attaqué et encerclé l’ensemble des manifestants. Près de 120 personnes ont été interpellées, subissant un contrôle d’identité de plus de 4h dans divers commissariat de la ville. 14 personnes ont été choisies de manière arbitraire pour rester en garde à vue. 7 d’entre elles sont ressorties avec une convocation devant le tribunal le 6 mai (pour ne pas s’être dispersés après les sommations - qui n’ont jamais eu lieu), 8 autres passaient le lendemain en comparution immédiate. Finalement ce sont 7 autres personnes qui passeront en procès, cette fois le 2 mars, et une autre qui est mise en examen." Le collectif d’ajouter : "les comités de soutien doivent se montrer vigilants face à de telles provocations policières. Notamment à l’occasion de la grande manifestation de samedi 31". Il n’aura pas été entendu... __ Pendant plus d’un an, des journalistes ont fidèlement relayé la propagande gouvernementale sur le « terrorisme d’extrême gauche », à grand renfort de « confidences » policières. Dès le 8 juin 2007, le Figaro hurle que « l’extrême gauche radicale » est « tentée par la violence » et que les « anarcho-autonomes », en particulier, inquiètent beaucoup la police, car, déjà : « Dans les années 1970, cela s’est terminé par des bombes et des assassinats. » Dans la vraie vie, bien sûr, le printemps 2007 a été plutôt calme, aucune bombe n’ayant été posée, personne n’ayant été assassiné... Tarnac, nid de terroristes ? L’hypothèse, grotesque selon Sébastien Fontennelle (Politis) "ne repose sur aucune preuve tangible" : "il ne s’agit somme toute, et dans le pire des cas, que d’une affaire de dégradation de biens publics". Alors que la chambre de l’instruction a refusé la demande de libération de Julien Coupat, une polémique se développe sur la crédibilité d’un témoin anonyme, entendu par les policiers de la Sous-direction antiterroriste (Sdat). L’Express s’interroge "l’homme, qui accable Julien Coupat, a-t-il un passé d’affabulateur comme l’indiquait, le 22 janvier, le site d’investigation Mediapart ? Les enquêteurs de la police judiciaire, eux, contestent ces affirmations". "Dans leur article diffusé le 22 janvier, les journalistes de Médiapart affirment donc avoir retrouvé ce témoin clef, qu’ils ont rencontré "chez lui", le 17 janvier, et dont ils préservent l’identité. Ils évoquent un homme "qui, de par ses activités, a été à plusieurs reprises en contact avec Julien Coupat ces dernières années." Plus troublant, selon le site, il a un passé de mythomane, ayant tenté de faire accroire qu’il était l’objet de menaces. Il aurait même été condamné pour "dénonciation d’infractions imaginaires."" Coupat pourtant toujours détenu ce lundi. Son avocate, Me Irène Terrel avait fait appel après le rejet d’un juge des libertés et de la détention de sa demande de remise en liberté. La cour d’appel a entendu l’avocate vendredi et rejeté l’appel. L’homme présenté comme « le leader charismatique et idéologue » de la « cellule invisible », par l’accusation et par la presse policière, reste le dernier inculpé en détention parmi les inculpés de « l’affaire de Tarnac ». Julien Coupat doit être à nouveau entendu le 11 février par le juge d’instruction Thierry Fragnoli. L’avocate espère que le juge ordonnera ensuite la remise en liberté de son client, comme pour Yldune Lévy. Le 16 janvier, la compagne de Julien Coupat avait en effet été libérée "sous contrôle judiciaire", contre l’avis du parquet, après son audition par le juge d’instruction.
Propagande gouvernementale
[Source : AFP | JDD | QSP | Libération]
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